Voyage au coeur de soi

suite

Après une semaine à Marigot, le grand départ est enfin arrivé. Derniers préparatifs. Je suis heureuse de pouvoir partir malgré quelques appréhensions : mal de mer, solitude, vide…

Navigations agréables dans les premiers temps, je me sens bien et savoure ces instants de contemplation. J’aime regarder la mer, j’aime la nudité du paysage, désert d’eau, infinitude, Le rythme lancinant des vagues berce notre quotidien  le temps s’arrête et apaise mon esprit.

Seul rythme nos journées l’alternance des quarts et les repas. Etant donné que nous ne sommes que deux à bord chacun fait son quart seul, on se voit donc très peu sur le bateau.

Les premiers quarts de nuit seule sont des enchantements, le calme de la mer, le ciel étoilé, les reflets dorés de la lune sur une mer d’encre sont autant d’émerveillements. Je suis si concentrée que je ne cesse de fixer l’horizon, je ne bouge pas durant les 4h de mon quart et rentre dans une sorte d’hyper concentration méditative.

Pourtant, peu à peu la plénitude laisse place à la lassitude, au vide…. Un soir lors de mon quart de nuit , je suis prise d’angoisse.. Un cargo passe non loin de nous.  Je me sens tout d’un coup en danger sur l’eau. Le vent forcit je ne sais que faire, j’hésite à réveiller Benoît. J’attends encore un peu. Il se lève comme un fou. « Putain pourquoi tu m’as pas réveillé ?? » . Je voudrais être transparente. Ca réaction est normale. C’est un gars plutôt cool et vraiment professionnel mais il est intransigeant et assez dur en parole.

Il m’agace avec ses réflexions. Il me reproche de ne pas avoir de savoir vivre, de ne pas participer au clean du bateau, de ne pas faire attention aux choses. Je craque. Je ne suis pas à la hauteur, de tout façon face à lui je ne pourrais jamais l’être. c’est une histoire que je ne connais que trop. Les mots de Benoît me font très mal, ils agrandissent des plaies mal cicatrisées, des blessures du passé. Je crois qu’avec lui j’étais tellement stressée que je me suis mise en position d’attente. j’étais d’une passivité insupportable (une sensation nouvelle pour moi). J’étais tellement déstabilisée que cela a engendré un blocage, a annihilé ma spontanéité, ma curiosité, mon initiative. J’aurais voulu être transparente pour éviter ses remarques. Même les choses évidentes me demandaient un effort démesuré. Une flegme monstrueuse s’abat sur moi, je n’ai plus envie de rien, trop de vide. C’est comme si je ne savais plus qui j’étais, quel rôle jouer, comme si je n’étais plus rien en somme. C’est déroutant je voudrais mourir. Mon estime de moi s’estompe quand je vois la virulence de mon ego. Dans ces moments douloureux, je voudrais retrouver la fusion, relation au sein de laquelle je n’existe plus. Je pense à toi maman notre relation est douloureuse mais tellement intense, tellement forte. Pourtant il me semble avoir goûté à un amour détaché et illimité. Un amour au parfum de liberté. J’ai du mal à lâcher le souvenir de notre relation. J’ai peur de te perdre Julien si tu savais comme j’ai peur. Loin de vous je n’arrive plus a Etre. Je n’ai plus de force mais pour une fois je vais essayer de la puiser en mon sein et non de vous la dérober. Je pense à Geneviève je comprends tellement son acte. Ma crise est virulente, je m’enferme dans les sanitaires, pleure et hoquète à m’en étouffer de douleur, je m’arrache des cheveux et finis par me recroqueviller sur moi même. Au bout d’un certain, épuisée, je me calme. Je ne dois pas me laisser aller à ce sentiment. Il me reste encore pas mal de temps à passer en mer et avec la peur au ventre c’est invivable. Je tente de me concentrer sur la beauté. Je stoppe tant bien que mal le cours de mes pensées. Mais mon esprit est tenace, il cherche à combler ce vide , cette sensation de solitude l’effraie alors il réfléchit, il calcule, pronostique, envisage. Accepter la solitude, la regarder sans vouloir la combler est extrêmement difficile. Avec le stress, l’enchaînement des galères, la sensation de ne pas être à la hauteur. Je ne pense qu’à fuir, arriver à terre et repartir, effacer, oublier. Je m’active pour ne pas laisser mes angoisses me dévorer, je nettoie le bateau, je fais à manger, dessine, tout ce qui me passe par la tête.

La monotonie du paysage et du rythme de vie me rends sensible aux modifications de l’environnements, aux petits détails : arcs en ciel, houle, nuages, passage d’un grain, levé et couché de soleil, tous ces petits riens sont des aides précieuses.

C’est en vivant cette proximité là que l’on prend conscience de la formidable ingéniosité de la vie, de l’interdépendance des choses, c’est à dire du lien qui unit chaque élément au tout.  On s’ouvre peu à peu au fascinant mystère et à la grandeur de la vie. C’est cette incommensurabilité, cette perfection que l’on ressent lorsque l’on communie avec la nature.

Le divin ce souffle de vie incroyable qui existe en chacun de nous et qui nous pousse à Etre toujours plus présent, toujours plus proche de soi.

Retrouver l’unité, le lien primordial qui nous relie à la création . Ma vie à bord se déroule lentement alternant moment de joie (comme lorsque les dauphins viennent jouer dans l’étrave) et les moments de lassitude. Dans tous les cas, l’enseignement est grand, la confrontation avec soi même violente et inévitable.

C’est aussi dans ces moments que l’on éprouve le plus les mécanismes de la pensée. Heureusement que j’ai avec moi, quelques livres qui me guident dans les dédales de mon propre psychisme et me donne des clés de lecture pour appréhender ces sensations de peur, de vide. Déconstruire l’idée que l’on a de la solitude et la regarder l’œil neuf vidé de tous les préjugés, lavé de tous les a priori. Je vois bien comment mon esprit tente coûte que coûte d’éviter la rencontre avec la solitude pourtant je ne puis lutter contre lui. Quand elles surviennent, les peurs accaparent tout mon esprit à tel point que j’en deviens l’esclave.

La fin de la traversée se déroule paisiblement. Je profite de mon dernier quart de nuit. La sérénité retrouvée, j’apprécie le calme de la mer, le vent frais revivifie mon visage alors que la lune ronde, lumineuse guide notre route tel un phare.

 

Arrivée à cuba vendredi 27 novembre 2005.  Après une déambulation incertaine dans la baie de Cienfuego et l’euphorie de l’arrivée :…l’attente !!!! un brin d’appréhension injustifiée quand au passage de la douane qui se déroulera finalement sans encombres…Ils sont 5 personnes mais plus que suspicieux ils ont l’air intrigués par notre présence. Après avoir remplit un questionnaire sur ce que l’on pouvait avoir à bord et une rapide inspection du bateau, on se met à discuter de la France, de nos vies respectives autour d’une petite bière. C’est donc dans la convivialité que se déroule cette formalité. La personne pour qui ont convoyait le voilier, Pascal, nous accueille avec sa femme Maria sur le port et nous invite au resto. Pascal un ancien baroudeur aux gros bras me raconte, non peu fier, ces aventures en Colombie (agressions,…). En tant normal, j’aurais vite pris conscience de l’exagération de son récit et sa prétention m’aurait exaspéré. Mais là loin de tout je me laisse prendre, l’écoute attentivement et suis même ébahie par ses élucubration. Devant Maria et Benoît, il cherche à minimiser ce que je fais, ce voyage en solitaire ce n’est finalement rien en comparaison à ce qu’il a fait lui. Son attitude, bien que insupportable, éveille mon esprit combatif et ma révolte d’enfant. Je suis donc rechargée d’une énergie rebelle. Cette discussion m’a rappelé pourquoi initialement j’étais partie, pour prouver à mes proches que je pouvais vivre sans eux. En fait, ce n’est pas réellement ça, je suis surtout partie pour me le prouver à moi même.

Le lendemain matin, on repart en direction de Trinidad…ancienne ville coloniale très agréable très colorée au rythme très appréciable après quelques jours en mer. L’aspect touristique de la ville ne gâche pas le charme du lieu. Trinidad est une ancienne ville coloniale avec son centre en damier et sa place centrale. Un de ces villages dans lesquels on se sent très vite en sécurité. Je décide de rester passer quelques jours ici. J’aime arpenter ces rues irisées de dégradés de rouge, de jaune , de rose …

Errer dans ce labyrinthe, dans les méandres de cette ville est un véritable enchantement. Je m’arrête dans un bar pour écouter un cubain qui joue de la guitare, je partage cet instant avec marcos un péruvien, bonnie et pat deux irlandais originaux qui font un film sur l’art à cuba…

Pour le voyageur qui ose se perdre dans cet arc en ciel architectural, Trinidad offre de belles rencontres. Le temps semble s’être arrêté dans cette ville rythmée par la musique. Au détour des ruelles de nombreuses scènes de la vie quotidienne cubaine captivent mon attention comme ces femmes qui brodent ou encore ces enfants qui jouent dans la rue, les petites vieilles qui au travers des grilles de leurs maisons laissent entrevoir une part de leur intimité, elles sont belles fumant tranquillement leur pipe …

Les touristes se mêlent à la population sans difficultés . le fait d’être seule ne pèse pas je me sens enveloppée par cette atmosphère cotonneuse en osmose avec la douce respiration urbaine qui berce et apaise mon esprit. Un peu de calme et de repos avant d’arriver au Mexique.

Le soir je rencontre à la casa de la musica deux français qui travaillent dans une ferme en bio et participent à un projet de commerce équitable avec une coopérative dans le chiapas au Mexique ..comment ne pas avoir foi en la vie et l’espoir d’un monde meilleur quand on rencontre tant de beauté, de richesse, de diversité…autant de gens atypiques mais beaux de leurs différences et riche de leur amour pour la vie et de leur combat pour que celle ci soit toujours plus belle. J’ai conscience de la difficulté de la vie, des injustices sociales, de la misère morale, de la pauvreté…mais je me réjouis de la grandeur de ces hommes et femmes qui luttent chaque jour pour faire renaître dans le cœur des hommes la dignité, refleurir l’espoir, qui s’engagent dans cette noble cause : faire ressurgir l’amour, fertiliser le cœur du monde. J’aimerais pouvoir exprimer la profondeur de mes sentiments mais les mots me manquent. Je suis sensible à la souffrance humaine, je suis touchée par la désespérance qui affecte grand nombre d’individus mais cela ne me décourage pas. C’est au contraire une sorte de matière première dans laquelle je puise mon énergie et ma force. C’est comme les déchets organiques qui servent à la fabrication du compost lequel est utilisé pour faire renaître la vie. De la pourriture surgit la vie. il ne faut rien figer, car à mon sens, c’est du dépassement de nos contradictions internes que jaillit la plus pure beauté. En quand on regarde le mouvement de la vie, ce souffle tourbillonnant on ne peut que s’émerveiller devant tant de grandeur, d’ingéniosité. La souffrance, la misère, le bien, le mal…tout cela n’a selon moi pas de réelle importance ce qui compte c’est le mouvement, c’est la vie. C’est un peu incompréhensible même moi qui l’écris je ne suis pas sure de le comprendre vraiment. mais a ton vraiment besoin de comprendre ce que l’on ressent ? une petite voix lointaine me chuchote ce secret à l’oreille : libère toi du connu, pourtant je l’entend à peine car le brouhaha du cortège des émotions l’étouffe, car de cette vérité découle leurs morts et la mort parce qu’elle est négation effraie !!

Je profite de mes journées je pars en stop à la plage, me balade dans la ville, m’arrête aux terrasses de café…

La troisième jour, je décide de partir à pied à la cascade « el cubano » je pars tôt le matin, Je ne suis pas totalement détendue, je marche le long de la route, les camions et les bus me klaxonnent, les yeux me dévisagent. Ils se demandent où peut bien aller cette petite gringa toute seule. Je prends un sentier sur la droite. c’est assez étrange, le chemin borde la rivière. Je ne croise personne si ce n’est un paysan sur son cheval avec sa machette. Je suis la première sur les lieux… quel bonheur !!! car une heure plus tard les groupes de touristes défilent. Seul le guide du parc est là on discute tranquillement de son pays ce dernier s’étonne que je n’ai pas mon ticket d’entrée a vrai dire quand je suis arrivée le guichet n’était même pas ouvert … Je profite de la cascade tant qu’il en est encore temps !!!Je me régale, j’adore mes baigner dans ces endroits …il y a une grotte derrière la paroi si l’on s’enfonce on peut voir que s’est  remplit de chauve souris.

Cuba est un pays vraiment différent, on se sent vraiment en sécurité. En apparence la vie semble vraiment agréable, les Cubains chantent et dansent, ils ont le sourire et sont très cultivés. Mais quand on creuse un peu on se rend compte de la perversité de ce régime, certains produits coûtent des prix exorbitants (quand on les trouvent) alors que ce sont des produits de base. Les gens essayent de s’en sortir tant bien que mal car même si personne doivent ne meurt de faim, ils sont sur taxés et n’ont pas autant de libertés qu’il n’y paraît  Les moyens de transports manquent cruellement. Il est fréquent de voir une foule de gens faire du stop sur le bord de la route en agitant des billets de banque. Il m’arrive parfois de me joindre à eux, les voitures se remplissent au maximum, on s’organise, une sorte de solidarité se créée. Un pays à deux vitesse où il y a une monnaie, des restaurants, des lieux spécialement  pour le touriste dont l’accès est interdit au cubain sauf si ils prouvent qu’ils ont une double nationalité. Je me retrouve un jour, à devoir appeler pour réserver une voiture pour la personne chez qui je loge, elle m’explique qu’elle n’a pas le droit de le faire elle même.

Je loue une grande pièce assez cher (heureusement que je ne reste que quelques jours et que j’ai gagné un peu d’argent lors du convoyage !!!) mais la dame qui m’accueille est très sympa, elle me prépare de bons repas équilibrés à base de poisson de légumes frais et de fruits en tous genres. Elle est attentive à moi, un jour elle m’amène au marché, m’enseigne le prix des choses… Un jour même elle m’épile les sourcils, elle me dit que je suis plus féminine comme ça. La pièce est très grande elle est à peine excentrée du centre de Trinidad, je reste parfois une heure ou deux derrière les barreaux de la fenêtre à lire ou à m’épiler, les passants observent un peu intrigués parfois  rient. Je me sens chez moi.

Après quelques jours bien reposants à Trinidad, je prends un taxi en compagnie de deux autres personnes en direction de la Havane d’où je dois m’envoler pour Mexico. J’espère que Benoit s’est bien chargé de me réserver mon billet d’avion sinon je risque d’être un peu embêtée. Faire des retraits d’argent coûte relativement cher, et pour le moment j’ai réussi à me débrouiller avec le dédommagement que ma sympathiquement offert Benoit et quelques euros que m’ont donné deux canadiens a qui j’ai prêté mon appareil photo et vendu deux pellicules photos. Le taxi est très émouvant, il prend le temps de faire plusieurs fois le tour de la ville pour m’aider à trouver un logement abordable. Il a un côté paternel et ne veut pas me laisser n’importe où. Je pense que si la loi n’interdisait pas d’inviter des touristes chez soi, il m’aurait même offert l’hospitalité. Je suis allée récupérer mon billet à l’agence et j’ai une journée avant de décoller. N’ayant pas de guide touristique, je erre au hasard dans cette charmante ville et finis par m’asseoir dans un parc. Un vendeur de cigares vient me sortir de mes songes. On parle pendant des heures de la vie cubaine et de la foi, il me raconte un peu sa vie, l’obligation de faire un travail au black pour compléter son revenu…puis je vais boire un coup dans un café sur une charmante petite place là je rencontre le couple d’australien avec qui je vais le soir manger dans le quartier chinois. Ils sont aussi radins que moi tant mieux, on nous sert une nourriture grasse dans du papier toilette et un carton. Pas très appétissant tout ça.. et pour couronner le tout, on se voit obligé de s’installer sur un bord de trottoir. La soirée se poursuis jusque tard dans la nuit dans un bar où deux jeunes français nous invitent, moi et une cubaine, à boire des mojitos. Je ne suis pas très friande de ce genre de soirée cela dit une fois en passant c’est bien marrant, on a finalement dû s’éclipser au moment où les deux femmes de ces jeunes hommes nous ont rejoint. La cubaine m’a raccompagné jusqu’à mon hôtel où je n’ai finalement pas dormi puisqu’il était déjà l’heure de se rendre à l’aéroport. Bonne soirée d’adieu !!!

Ca y est je suis dans l’avion en route pour le Mexique …. Quelle bonheur, je suis vraiment heureuse, l’Amérique latine mon objectif.. ça y est j’y suis… enfin presque car pour cause de brouillard ou je ne sais quoi notre avion fait demi tour sur la Havane. Tous les passagers se retrouvent dans une salle d’attente, j’ai très faim. Mon voisin connaît bien le serveur du restaurant de l’aéroport qui m’offre à mon grand plaisir un sandwich et une boisson.

  

Avec mon arrivée au Mexique s’achève deux mois d’errance.

 Beaucoup de bouleversements, de remise en question, de claques mais aussi de grandes rencontres, des joies intenses, de la beauté et de l’amour, un grand sentiment de gratitude envers la vie !!!!

Si je relâche la vigilance je vois bien comment mon esprit construit des histoires autant d’excuses inventées pour fuir…fuir ce vide intérieur, le combler tant il m’effraie. C’est un combat permanent avec soi même, avec son esprit, une lutte éreintante contre ses conditionnements, ses mécanismes instinctifs qui cherchent constamment à nous dominer, à nous pousser vers la facilité. Je me sens particulièrement fragilisée, d’ailleurs cela se répercute sur mon état de santé. Je sens cette force vitale déferler avec fougue sur les remparts de ma propre existence …elle les ébranle mais ils résistent encore. La peur, la peur du lâcher prise, de l’inconnu, oppose une résistance à la vie. Le mental veut tout contrôler, il n’accepte pas de se laisser porter…la peur m’empêche de voir que je me bats contre moi même en définitive. C’est pour ça que je m’épuise… je sens que le dénouement est proche car cette force pénètre peu à peu la prison que je me suis construite, elle cherche à me délivrer d’une sécurité illusoire qui s’accroche encore à des fausses vérités construites en réponse aux blessures du passé. Préjugés et mécanismes pervers qui m’empêche de voir ce qui est, d’être amoureuse…aujourd’hui j’ai envie de me relier à cette force, d’œuvrer en harmonie avec elle.

La route est longue et fatigante mais elle est parsemée de belles fleurs aux parfums délicats qui m’encouragent à aller de l’avant et me montrent le chemin. C’est un voyage sans retour. Une insatisfaction latente, la conscience de ce vide intérieur rendue possible par de brèves rencontres avec l’Amour m’ont permit d’entrevoir une autre réalité plus lumineuse, plus intense que la réalité matérielle. Si puissante, si grande …cette rencontre engendre un sentiment ambivalent d’émerveillement teinté d’appréhension, une sensation étrange mêlée du désir de ne faire plus qu’un avec cette force mais en même temps la peur de se perdre dans cette immensité d’être aliénée par elle

Ces deux premiers mois de voyage ont été très intenses : rencontre avec mon propre corps, acceptation de ce dernier, de la nudité…rencontre avec le silence, sa puissance, rencontre avec le vide, la solitude, l’angoisse, la peur de l’inconnu.. avec ma propre faiblesse, mes propres fantômes.. prémices de rencontre avec la nature en particulier ave l’eau et la forêt; je ressens son appel mais je ne suis pas encore prête, j’aimerais aller m’y promener seule, rester en silence, l’écouter, je sais qu’elle a des choses a m’apprendre…mais aussi mise à l’épreuve de ma patience, de mon humilité, tentative de mise à distance, de ne pas me laisser déstabiliser par le regard, les réflexion des autres ; tentative aussi d’être là ici et maintenant, lâcher les blessures, se libérer, ne plus perdre de temps : AIMER !!!

 

 


Publié à 08:17, le 22/07/2008, dans Des mots,...,
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