Voyage au coeur de soi | |
Suite du récit de mon premier voyageAprès ces deux mois, l’Amérique Latine, celle que je suis venue chercher, celle que je porte dans mon cœur, je ne sais pourquoi,…Je pensais au sud, je suis au Mexique, pour moi c’est pareil, j’y suis arrivée c’est bien là l’essentiel… A la Havane, j’avais eu quelques appréhensions quant au fait que Benoît ai bien réservé mon billet d’avion mais tout était dans l’ordre comme organisé pour que mon voyage se passe parfaitement comme je le souhaitais. A cette époque, je ne savais pas encore que le hasard faisait si bien les choses ! Après un temps auprès de Sonia, que j’ai connu sur le Rara, je repars de mon côté. Je me sens mieux seule à décider du chemin, la séparation me soulage. Bien sûr, des questions d’ordre pratique continuent de perturber la spontanéité de mon chemin. Ou vais je dormir ce soir ? que vais je faire là bas ? et pourquoi ? au fond ou je vais et qu’est ce que je cherche ? Je suis arrivée à Zacatecas, une très jolie ville du Mexique, après une brève visite de la ville que j’effectue par bonne conscience plus que par réel intérêt, je m’installe dans une sorte d’auberge de jeunesse à bas prix. Le gérant très sympa prend le temps de me faire une visite complète, la décoration est très soignée avec de belles sculptures en bois dans les couloirs, de jolis meubles anciens d’où se dégage encore une odeur musquée, les murs sont ocres, rouges ou oranges et la terrasse sur le toit surplombe toute la ville, d’ici on aperçoit e vieux centre et ses nombreuses églises baroques à l’extrême, des plantes vertes parsèment la terrasse et des transats permettent de se reposer un instant dans le calme d’un coucher de soleil. Je partage ma chambre avec trois autres personnes, j’avoue ne pas avoir trop prêtait attention à elles, la seule chose que je sais c’est qu’elles parlent anglais. Le soir elles me proposent de manger avec elles, en fait une cuisine commune est mise à disposition pour les voyageurs faisant halte dans ce lieu. Je ne suis pas très friande de ce genre d’ambiance malgré l’aspect attrayant de ce métissage. J’accepte néanmoins n’ayant rien de prévu pour la soirée. Nous sommes une demi douzaine, j’ai beaucoup de mal à suivre les conversations en anglais et finalement ne fais pas de réel efforts pour m’y intégrer. Je suis soucieuse. Une seule question me taraude. Qu’est ce que je fous ici et où je vais ? je n’en sais plus rien du tout et cela me déstabilise. Trois jeunes mexicains captent tout de même mon attention ou plutôt ce sont eux qui s’intéressent à moi, et ouf ils parlent en espagnol, ce sont de jeunes intellos, genres néo-révolutionnaires. Ils ont un esprit critique et aiment à parler de politique, de philosophie. « Pourquoi tu voyages et ou tu vas ? » la question tant redoutée…. « heu je ne sais pas, je me cherche… » . « Ah, tu te laisses porter par le vent en quelque sorte ? » « oui c’est cela » je n’aime pas aborder ce sujet, c’est un peu mon secret à moi, et je préfère bien souvent dire que je visite le Mexique sans trop m’attarder et essayer de détourner l’attention sur un tout autre thème. La question du pourquoi je voyage restera bien longtemps énigmatique pour moi et pas une seule de mes réponses n’a dut être semblable. Prétextant d’être fatiguée, je prend congé de cette foule qui m’apparaît bien trop bruyante et dispersée. Quand je ne sais plus que faire, ma solution c’est dormir pour arrêter de penser. Réveillée de bonne heure, je sors déjeuner dehors dans une sorte de restaurant populaire d’aspect peu attirant, les images des menus présente une nourriture grasse, une de ses sorte de fast food hérités des Etats Unis. Je déjeune sans prêter attention à ce que j’ingurgite, toujours accrochée au fil de mes pensées, à mon interrogation constante, ce vide que j’ai tant recherché aujourd’hui je dois à tout prix le combler tant il m’angoisse. Je sors, déambule dans les rues sans but précis, puis m’arrête intriguée par un homme qui vend quelques herbes et pommades magiques soit disant capables de solutionner tous les maux, armé de publicités aguicheuses, ce marchand d’illusions essaie de convaincre les passants du succès garanti de ces remèdes. A la vue de mon intérêt, il me questionne, d’où je viens, si je suis en vacance, si j’aime le Mexique, les interrogations habituelles auxquelles je suis accoutumée à répondre de façon très brève et stéréotypée. Puis me demande mon nom. « sofia es mi nombre »« Sophie ça veut dire sagesse en grec » « Oui, c’est cela » « Sophie, j’ai des textes pour toi, il faut que je te transmettes certains passages de philosophie que j’aime beaucoup. Passe demain, je serais ici » puis détourna son regard en s’intéressant déjà à un autre client potentiel. Le lendemain matin, en cherchant à me rendre dans un parc de la ville à l’aide d’un plan très grossier, je tombe par surprise sur l’ « herboriste philosophe », il avait changé d’emplacement. Je n’aurais jamais cru une seconde qu’il aurait réellement pris le temps de me photocopier les textes dont il m’avait parlé. Mais il m’appela « hola, Sofia » et me tendit trois feuilles photocopiées « c’est les textes dont je t’ai parlé hier », « merci » « bonne journée » Notre conversation ne fut pas plus longue. Cela m’arrangeait car je n’étais pas très disposée à papoter, la fameuse question de la direction à prendre me taraudant toujours autant l’esprit. Je m’installa dans un petit café agréable et profitant du soleil matinal, me mit à lire les documents autour d’un jus de goyave.Publié à 08:13, le 5/08/2008, dans Des mots,..., Mots clefs : { Page précédente } { Page 1 sur 4 } { Page suivante } |
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